Un jeu, c'est bien, mais deux, c'est mieux!

Un jeu, c'est bien, mais deux, c'est mieux!

Depuis quand que jouer, c'est réservé aux enfants? C'est qui qui a décidé ça?

Un enfant, ça peut passer une heure à table à faire jaser sa cuillère en lui donnant une voix de pirate pis en pliant sa napkin en bateau, pis personne trouve ça bizarre.

Mais toi, adulte, si tu construis un fort avec des couvertes dans ton salon un mardi soir...

*roule les yeux et soupire fort.


Le plaisir est rendu gênant

Quand on est jeunes, jouer fait partie de la job. C'est dans notre description de tâches.

On explore.
On teste.
On invente des règles qui changent toutes les trois minutes.

Bref, on cherche à avoir du fun.

Mais en vieillissant, on dirait qu'on remplace tranquillement le plaisir par la performance.

  • Si on essaie quelque chose, faut que ça serve à quelque chose.
  • Si on développe un hobby, faudrait éventuellement être compétent.
  • Si on participe à une activité, faudrait idéalement optimiser l'expérience.

Même notre divertissement commence à avoir des objectifs.

Je sais pas pour toi, mais moi je trouve ça lourd et pénible.


Le cerveau adore les défis inutiles

Pense-y deux minutes. Pourquoi autant de gens jouent à des jeux vidéo? Pourquoi on fait des mots croisés? Pourquoi quelqu'un décide de passer trois heures à assembler un casse-tête de 1000 morceaux d'un volier bleu sur une mer bleu par un beau ciel... bleu?

Pas parce que c'est utile certain...! Ça l'est absolument pas.

Parce que c'est amusant! Notre cerveau adore résoudre des petits problèmes. Il aime essayer, découvrir pis aussi gagner des "batailles" sans aucune importance dans le grand ordre des choses.

Pis c'est parfait comme ça.


Les grands ont oublié comment jouer

On sait comment travailler. On sait comment s'inquiéter. On est devenus experts dans l'art de gérer des listes, des horaires, des obligations et des notifications.

Mais jouer? Ouf... C'est compliqué.

Comme si on avait besoin d'une raison, une bonne, ou d'une permission. En tout cas définitivement d'une justification, idéalement avec un formulaire d'approbation rempli en 3 copies carbones. Une jaune, une bleue pis une rose.

Mais tsé, pas besoin de s'inscrire à un championnat mondial de quelque chose pour jouer.

Ça peut être:

  • Essayer un nouveau jeu de société
  • Construire quelque chose juste pour voir si ça marche
  • Inventer une compétition absurde avec tes enfants
  • Faire une bataille de boules de neige
  • Dessiner n'importe quoi
  • Chanter faux dans l'auto
  • Transformer une tâche plate en défi chronométré

L'objectif? Aucun. Niet. Nada.

Et c'est justement ça qui est beau.


T'as le droit à ton quota de niaiseries

On sous-estime énormément la valeur des affaires inutiles. Pourtant, les meilleures anecdotes commencent jamais par: « Hier, j'ai répondu à mes courriels avec une efficacité digne de l'employé(e) du mois et pis là... »

Elles commencent plus souvent par: « Bon. J'ai eu une idée pis c'était vraiment cave mais j'en ai parlé avec X pis là... »

Et ensuite, tout dérape, mais dans le meilleur sens du terme! Pis si ça a l'air ridicule, c'est encore mieux.

Ça veut probablement dire que t'es sur la bonne voie, parce que le ridicule et le plaisir arrivent généralement ensemble dans les partys.

Les enfants le savent.
Les chiens le savent.
Les corneilles le savent.

Mais les grands, on l'oublie parfois.


Le verdict

Jouer, c'est pas une récompense qu'on mérite seulement après avoir terminé toutes nos responsabilités, sinon on jouerait jamais.

Il va toujours rester une brassée à laver.
Une facture.
Un courriel.
Une tâche quelconque qui attend son tour sur un post-it.

Pendant ce temps-là, la vie continue!

Fait que lance-toi un petit défi inutile. Fais quelque chose juste parce que ça te fait sourire. Réapprends à t'amuser sans objectif, sans résultat attendu, sans pression.

Parce qu'au fond, les grandes personnes sont juste des enfants avec des mots de passe (avec un hacker en speed dial pour nous les rappeler), des comptes à payer et des lombaires qui peuvent prédire la météo.

Pis on gagnerait vraiment à jouer un peu plus souvent.

 

* Crédit image: Maria Alberto sur Pixabay

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