L'amour des petites choses

L'amour des petites choses

On a comme été brainwashé(e)s à penser que le bonheur, ça doit être spectaculaire, sinon c'en est pas.

Une grande réussite, un voyage au bout du monde, un moment "Instagramable" avec une trame sonore inspirante composée (en collaboration, svp) par Hans Zimmer, John Williams, Danny Elfman et mis en scène par Lin-Manuel Miranda. Rien de moins!

Pendant ce temps-là, la vraie vie, elle se passe entre deux gorgées de café pis une paire de bas dépareillés. (On accuse la sécheuse ou le chien, selon le cas, pour cet imbroglio bien involontaire de notre part.)

Mais c’est justement là qu’on passe tout droit. Parce que des petites choses, y’en a partout, mais on les regarde même plus.

Le café encore chaud après 20 minutes... surtout quand t'as des enfants!
Le feeling de dormir dans des draps propres. (Encore mieux si tu t'es sauvé(e) du lavage!)
Une  nouvelle sorte de yogourt édition limitée en faisant l'épicerie. (Je dois pas être la seule In-CA-PA-BLE de pas les essayer? Right...?! Plz...?)
Une chanson qui tombe exactement au bon moment comme si ta vie était subitement devenue une comédie musicale sur Broadway (#LinManuelForPrez #OùAieJeTuMisMesTickets #C'estL'autreMonMeilleurProfil).

Non, c’est pas flashy. C’est absolument pas impressionnant non plus.
Mais... c’est cool!


Pourquoi on passe à côté?

Parce que notre cerveau, lui, il aime les grosses émotions, les grosses victoires pis les feux d'artifices, surtout sur une trame sonore de Hans Zimmer...!

Bref, les moments qui font « WOW », sinon laisse faire l'ami(e), rien à foutre.

Fait qu'on le nourrit là-dedans non-stop: Scroll-Vidéo-Dopamine-Scroll-Rince&Repeat-Encore.

Fait que rendu là, une petite joie tranquille? Même niveau d'excitation que de trouver une cuillère... dans le tiroir à ustensiles... dans le casier des cuillères.

On devient un peu blasé du quotidien. Comme si rien était jamais assez.


Le problème, c’est pas qu’il manque de belles affaires

C’est qu’on est rendus mauvais pour les remarquer. On attend quelque chose de spectaculaire pendant que la vie nous envoie des mini-moments gratuits à longueur de journée.

Pis on les ignore comme les notifs de textos de nos parents...

C’est pas qu'on aimes pu rien, c’est qu'on est désensibilisé(e)s.

Nuance importante!


Réapprendre à aimer le petit

Oui, tu peux « pratiquer la gratitude » en écrivant dans un journal avec une plume en bambou. Même les écrire en cursive (ou l'apprendre exprès pour, selon la génération) si ça te chante. 

Ou juste commencer ben simple… remarquer.

Te dire : « Ok, ça [insérer référence pertinente du moment], c’est nice. »

Pas besoin d’en faire une grosse affaire.


Concrètement, ça ressemble à quoi?

  • Boire ton café dans une tasse que tu trouves belle ou avec une quote drôle dessus.

  • Prendre le temps de te faire une playlist que t’aimes vraiment, pas juste tes suggestions Spotify du jour.

  • Porter les bas funky que t’aimes “parce que personne va les voir”, même si on est pas vendredi.

  • Prendre 10 secondes pour regarder deux écureuils qui se rencontrent face à face sur un fil électrique et prendre un pari sur lequel va passer pis lequel va tomber.

  • Mettre des googly eyes sur ton robot aspirateur et lui donner un nom de personne.

C’est niaiseux, je le sais. Mais ça marche!


Parce que le bonheur, c’est pas une destination

C’est une accumulation de micro-moments, de petits plaisirs pis de plein d'affaires insignifiantes qui, mises bout à bout, font une journée moins plate.

Si t’attends juste les gros moments, tu vas trouver la vie longue en maudit entre deux highlights.


Le verdict

Si tu réussis ou du moins essaye d'arrêter de courir après le spectaculaire (particulièrement Lin-Manuel... apparemment que c'est considéré comme du stalking et que c'est creepy...), tu vas commencer à apprécier ce qui est déjà là, autour de toi et à ta portée.

Trouver du fun dans des petites niaiseries comme des bas ridicules… c’est probablement une des formes les plus solides de stabilité mentale qu’on peut s’offrir. Pis ça coûte souvent rien... ou pas grand chose!

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